Les acteurs de la protection de l'enfance
Qui sont les acteurs de la protection de l’enfance ? La protection de l’enfance en France repose sur un système multipartite mobilisant des acteurs nationaux, locaux, judiciaires et associatifs. Ces acteurs interviennent de manière coordonnée pour prévenir les situations de danger, évaluer les besoins des enfants et mettre en œuvre des mesures de protection adaptées. […]
Qui sont les acteurs de la protection de l’enfance ?
La protection de l’enfance en France repose sur un système multipartite mobilisant des acteurs nationaux, locaux, judiciaires et associatifs. Ces acteurs interviennent de manière coordonnée pour prévenir les situations de danger, évaluer les besoins des enfants et mettre en œuvre des mesures de protection adaptées.

Organisation des acteurs de la protection de l’enfance - Source : EY
La protection de l’enfance s’organise d’abord autour de plusieurs acteurs institutionnels intervenant à différents niveaux (national, départemental et judiciaire) pour piloter les politiques publiques, coordonner les interventions et garantir la protection des enfants.
1. Les acteurs nationaux : pilotage, appui et coordination
Au niveau national, plusieurs acteurs institutionnels participent à la définition, au pilotage et à l’animation des politiques de protection de l’enfance. L’État intervient notamment à travers les ministères chargés des Solidarités, de la Justice, de l’Éducation nationale et de la Santé, ainsi que la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), qui pilote et coordonne les politiques publiques relatives à l ’enfance et aux familles. Selon les périodes, un ministre ou un haut-commissaire dédié à l’enfance peut également assurer un rôle d’impulsion ou de coordination interministérielle.
Le Groupement d’intérêt public (GIP) France Enfance Protégée joue un rôle central d’appui aux politiques publiques. Il assure la coordination, la cohérence des pratiques et le développement des connaissances dans le champ de la protection de l’enfance. Il regroupe plusieurs dispositifs : l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE), le Secrétariat général du conseil national pour l’accès aux origines personnelles (CNAOP), le Service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger (SNATED – 119), l’Agence française de l’adoption (AFA), et le Conseil national de la protection de l’enfance et autres conseils nationaux.
Ces acteurs assurent une fonction stratégique : production de normes, appui technique et harmonisation des pratiques sur le territoire.
2. Le conseil départemental : clef de voûte du dispositif de protection de l’enfance
Le conseil départemental est le pilote opérationnel de la protection de l’enfance à l’échelle de son territoire. À ce titre, il supervise le recueil et l’évaluation des informations préoccupantes, décide des mesures administratives de protection, et assure la mise en œuvre des interventions via l’aide sociale à l’enfance (ASE).
Le service du département, l’ASE est l’acteur central de terrain. Il intervient pour mettre en œuvre les mesures de prévention et de protection de l’enfance soutenir les familles (aides éducatives, financières, accompagnement), prévenir les situations de danger, et assurer la prise en charge des enfants (accueil en famille d’accueil par des assistants familiaux, en établissement, ou autres solutions). Pour aller plus loin, vous pouvez consulter la page dédiée aux mesures de prévention et de protection de l’enfance.
La cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) reçoit et analyse les informations signalant un risque ou un danger pour un enfant. Elle évalue la situation et propose, si nécessaire, des mesures de protection ou un signalement à la justice.
L’ASE peut intervenir dans un cadre administratif (avec accord des parents) ou mettre en œuvre des décisions judiciaires (prononcées par le juge des enfants, sans nécessité d’un accord parental).
3. Les acteurs judiciaires : garants de la protection en cas de (risque de) danger
Lorsque les interventions administratives ne suffisent pas ou lorsque le danger est grave, l’autorité judiciaire intervient pour garantir la protection de l’enfant.
- Le procureur de la République évalue les signalements, peut saisir le juge des enfants et ordonner des mesures urgentes, notamment un placement provisoire.
- Le juge des enfants décide des mesures de protection judiciaire (accompagnement éducatif, placement, investigations).
Au-delà des acteurs institutionnels chargés du pilotage et de la décision, la protection de l’enfance repose sur de nombreux professionnels et partenaires de terrain intervenant au quotidien auprès des enfants et des familles. Certains relèvent directement des dispositifs de l’aide sociale à l’enfance (ASE), tandis que d’autres participent au repérage, à la prévention et à la coordination autour des situations de danger.
4. Les professionnels de terrain de l’ASE : accompagnement et prise en charge des enfants
Les services de l’ASE s’appuient sur de nombreux professionnels intervenant directement auprès des enfants protégés et de leurs familles. Ces professionnels assurent l’accompagnement éducatif, social et médico-social des enfants, ainsi que la mise en œuvre concrète des mesures de prévention et de protection décidées par le département ou l’autorité judiciaire.
Parmi les principaux professionnels mobilisés figurent notamment les assistants familiaux, les éducateurs spécialisés, les assistants de service social, les référents ASE, les techniciens de l’intervention sociale et familiale (TISF), les accompagnants éducatifs et sociaux (AES), les psychologues, les chefs de service éducatif…
Ces professionnels interviennent à domicile, en établissement ou dans le cadre de l’accueil familial. Ils accompagnent les enfants dans leur développement, soutiennent les parents dans l’exercice de leurs responsabilités éducatives et veillent à la continuité des parcours des jeunes protégés.
De très nombreuses associations, habilitées et financées par les départements, sont la cheville ouvrière de l’accompagnement quotidien et l’accueil en protection de l’enfance. Ces associations sont les employeurs d’une majeure partie des professionnels de la protection de l’enfance.
5. Les tiers dignes de confiance, accueils durables et bénévoles, mentors, parrains : mobilisation de la société civile
La protection de l’enfance ne se limite pas aux institutions : elle mobilise aussi la société civile pour offrir aux enfants des repères affectifs et une stabilité relationnelle. Ces dispositifs, encadrés par la loi et les services de l’ASE, complètent les mesures professionnelles en privilégiant la continuité des liens.
Priorité à l’entourage de l’enfant impose aux départements (décret du 28 août 2023) de rechercher systématiquement un tiers digne de confiance (TDC) auprès de la famille ou des proches, avant tout placement en structure. Cette solution, évaluée par l’ASE, permet à l’enfant de rester dans un environnement familier, réduisant les ruptures.
Des associations agréées proposent d’autres dispositifs comme accueils durables et bénévoles ou parrainages, offrant aux enfants un cadre stable sans passer par un assistant familial. Des dispositifs comme mentorat permettent aux enfants et aux jeunes d’élargir leur réseau relationnel et soutiennent leur insertion.
Ces engagements sont encadrés par des protocoles stricts pour garantir la sécurité et l’intérêt de l’enfant : vérification des antécédents, formation des bénévoles, suivi régulier en lien avec le référent ASE.
6. Les partenaires locaux : repérage, prévention et coordination autour de l’enfant
La protection de l’enfance mobilise également un large réseau de partenaires locaux, qui participent au repérage des situations de fragilité, à la prévention des risques et à la coordination des interventions autour de l’enfant. Parmi ces partenaires figurent notamment les professionnels de l’Éducation nationale (enseignants, personnels éducatifs, directions d’établissement, médecins et infirmiers scolaires, etc.), les professionnels de santé de ville et hospitaliers, les services de protection maternelle et infantile (PMI), les acteurs du secteur social et médico-social, les forces de l’ordre (police et gendarmerie) et les professionnels de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse), les associations de proximité et structures de soutien aux familles…
Pour ces professionnels, le cadre légal prévoit notamment l’obligation de signalement en cas de mineur susceptible d’être en danger (art. L121-6-2 (lien externe, nouvelle fenêtre) du Code de l'action sociale et des familles – CASF). Plus généralement, le rôle des familles et de la société reste clé dans la protection quotidienne de l’enfant. L’ensemble de ces acteurs peuvent transmettre des informations préoccupantes ou alerter directement les autorités compétentes.
Les acteurs de la protection de l’enfance en quatre chiffres-clés
- Environ 200 000 professionnels travaillent en France dans le secteur de l'ASE
- 522 juges des enfants en France (Syndicat de la Magistrature, 2024)
- 38 000 assistants familiaux en 2021 (DREES, 2026)
- 75% des assistants familiaux ont + de 50 ans (DREES, ONPE, 2024)
L’attractivité des métiers de la protection de l’enfance
Le dernier rapport du Sénat sur la protection de l’enfance (2026) souligne l’enjeu de l’attractivité des métiers de la protection de l’enfance, en ce qu’elle conditionne l’efficacité de l’ensemble des politiques menées dans ce domaine. 71% des établissements de la protection de l'enfance indiquent rencontrer des difficultés à recruter, avec près de 30 000 postes vacants.
Le faible renouvellement générationnel des assistants familiaux illustre cet enjeu : alors que 56 % des enfants confiés à l’ASE étaient accueillis par des assistants familiaux en 2006, cette proportion est tombée à 36% en 2023. Pourtant, ce mode d’accueil offre un cadre particulièrement propice au développement et à l’épanouissement des enfants.
Pour plus d’informations sur les métiers de la protection de l’enfance, vous pouvez consulter la page thématique dédiée : Devenir professionnel de l’enfance protégée (nouvelle fenêtre).
Le saviez-vous ?
L’ASE est financée à 97% par les départements, à hauteur de 11,7 Md€ en 2024 (dépenses en hausse de 6,7% par rapport à 2023).
Les professionnels ont une obligation de signalement en cas de mineur susceptible d’être en danger, et jouent un rôle majeur dans l’accompagnement quotidien des enfants protégés.